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Préjudices extra-patrimoniaux de la victime directe

Définition des préjudices extrapatrimoniaux

Les préjudices extrapatrimoniaux désignent les dommages personnels subis par une victime qui ne se traduisent pas par une perte économique mesurable. Contrairement aux dommages patrimoniaux tels que les pertes de revenus, les frais médicaux ou l’incidence professionnelle, ces préjudices indemnisent notamment : la douleur physique, la souffrance psychologique, la dégradation de l’apparence, la perte des plaisirs de la vie ou encore l’impossibilité de créer une famille. La définition des préjudices extrapatrimoniaux repose sur la nomenclature Dintilhac, classification officielle de référence qui organise la totalité des postes indemnisables en droit du dommage corporel.

Concernant les préjudices extrapatrimoniaux, leur définition distingue trois catégories temporelles : les préjudices temporaires, les préjudices permanents et les préjudices évolutifs, structurées autour de la consolidation. Il s’agit du moment à partir duquel l’état de santé de la victime est stabilisé et n’est plus susceptible d’évoluer de manière significative. Cette date est fixée lors de l’examen médical de consolidation et conditionne l’ensemble du chiffrage des postes indemnisables. L’évaluation de ces postes requiert l’intervention d’un avocat spécialisé en droit des victimes, seul à même de garantir que chaque chef de préjudice est identifié et défendu face aux compagnies d’assurance.

Préjudices extrapatrimoniaux temporaires (avant consolidation)

Les dommages extrapatrimoniaux temporaires couvrent l’ensemble des atteintes personnelles subies entre le jour de l’accident et la date de consolidation, laps de temps que le droit appelle la maladie traumatique. Trois postes distincts composent cette catégorie, chacun couvrant une facette différente de la souffrance traversée pendant la période de soins. Ces postes sont cumulables et s’apprécient indépendamment les uns des autres.

Déficit fonctionnel temporaire

Le déficit fonctionnel temporaire indemnise la perte de qualité de vie et des joies habituelles du quotidien que traverse la victime pendant la maladie traumatique : séparation de l’environnement familial et amical lors des hospitalisations, privation temporaire des activités de loisirs habituellement pratiquées. Ce poste est accordé, que la victime enregistre ou non des pertes de gains professionnels. Il peut être total ou partiel selon le degré d’incapacité objectivement établie à chaque période considérée.

Souffrances endurées

Les souffrances endurées désignent l’ensemble des souffrances physiques, psychiques et troubles associés subis depuis le sinistre jusqu’au moment de la consolidation. Ce poste repose sur des éléments subjectifs : la douleur ne se mesure pas objectivement ce qui en fait une cible privilégiée des experts mandatés par les assureurs, prompts à en minimiser l’intensité ou à en contester la réalité. Une défense documentée et contradictoire menée avec l’appui d’un médecin-conseil est indispensable pour en obtenir une juste réparation.

Préjudice esthétique temporaire

Le préjudice esthétique temporaire tient compte de l’altération de l’apparence de la victime jusqu’à la consolidation, lorsqu’elle est contrainte de se présenter dans un état physique dégradé au regard des tiers. Cicatrices provisoires, appareillages visibles, déformation transitoire : ce poste reconnaît l’atteinte à la dignité et à l’image de soi pendant la phase de soins. Il est évalué sur une échelle de 1 à 7 lors de l’expertise médicale.

Dommages extrapatrimoniaux permanents (après consolidation)

Une fois la consolidation acquise, les séquelles définitives ouvrent droit à l’indemnisation de postes permanents. Les six postes de cette catégorie couvrent des réalités aussi diverses que l’atteinte aux fonctions physiques et psychologiques, la vie sexuelle ou le projet familial et nécessitent tous une évaluation contradictoire.

Déficit fonctionnel permanent

Le déficit fonctionnel permanent tel que défini par la nomenclature Dintilhac intègre trois composantes : les séquelles fonctionnelles et psychiques, les souffrances endurées post-consolidation et la perte de qualité de vie et les gênes dans la vie courante.

Préjudice d’agrément

Le préjudice d’agrément répare l’impossibilité pour la victime de pratiquer régulièrement une activité sportive ou de loisirs spécifique. La jurisprudence a progressivement élargi ce poste au-delà de la seule inaptitude physique : un arrêt de la Cour de cassation du 5 juillet 2018 a reconnu qu’un blocage purement psychologique suffit à caractériser ce préjudice sans qu’une incapacité fonctionnelle physique soit nécessaire. L’appréciation de ce poste nécessite une documentation précise des activités pratiquées avant le sinistre.

Préjudice esthétique permanent

Le préjudice esthétique permanent compense les atteintes durables à l’apparence physique de la victime après consolidation : cicatrices définitives, amputations, déformations visibles ou tout autre élément altérant l’image corporelle perceptible par les tiers. Distinct du préjudice esthétique temporaire, il est apprécié de manière contradictoire au moment de l’expertise de consolidation et peut faire l’objet d’une contestation si le taux retenu par l’expert de l’assureur sous-évalue la réalité des séquelles.

Préjudice sexuel

Le préjudice sexuel couvre les atteintes à la sphère sexuelle de la victime : difficultés de l’acte sexuel, perte de libido ou de plaisir mais aussi impossibilité de procréer. Ce poste constitue une composante à part entière de la réparation intégrale du préjudice subi, indépendant des autres rubriques de la nomenclature.

Préjudice d’établissement

Le préjudice d’établissement répare la perte de chance de réaliser un projet de vie familiale normale en raison de la gravité du handicap dont reste atteinte la victime. Il reconnaît l’impossibilité ou la difficulté durable de fonder une famille, d’élever des enfants ou de construire une vie de couple stable, conséquences directes et permanentes des séquelles définitives consécutives à l’accident.

Préjudices permanents exceptionnels

Les préjudices permanents exceptionnels constituent une catégorie résiduelle destinée à indemniser des atteintes directement liées aux handicaps permanents qui prennent une résonance particulière, soit en raison de la nature de la victime, soit en raison des circonstances ou du type d’accident. Ces postes s’apprécient au cas par cas et ne peuvent être définis qu’à l’issue d’une analyse individualisée de la situation.

Préjudices extrapatrimoniaux liés à des pathologies évolutives

Certains préjudices extrapatrimoniaux échappent à la logique temporelle habituelle : ils concernent des pathologies dont le risque d’évolution constitue en lui-même un poste de préjudice autonome, indemnisable indépendamment des autres postes. L’hépatite C, le VIH et d’autres pathologies évolutives contractées à l’occasion d’un accident ou d’un acte médical entrent dans cette catégorie. La victime n’a pas à attendre la survenance d’une complication pour être indemnisée : l’incertitude elle-même est juridiquement reconnue comme un préjudice distinct.

Ces dommages extrapatrimoniaux particuliers s’évaluent selon des critères spécifiques, distincts de ceux appliqués aux postes temporaires ou permanents. Leur reconnaissance nécessite une argumentation médicale et juridique rigoureuse d’autant que les assureurs contestent fréquemment leur caractère indemnisable en l’absence de manifestation clinique avérée. Face à des préjudices par nature subjectifs ou difficiles à démontrer, l’accompagnement d’un avocat spécialiste de l’indemnisation des victimes permet de constituer un dossier solide et de contrer la sous-évaluation systématique des assureurs. Le Cabinet Beynet propose un premier rendez-vous gratuit pour analyser l’ensemble des postes de préjudice et évaluer les droits à indemnisation.

Informations pratiques
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Depuis 1995, notre cabinet d’avocats se bat pour faire avancer les droits des victimes et obtenir des réparations et une indemnisation à hauteur des préjudices subis, dans le domaine des accidents médicaux. Nous sommes à vos côtés à chaque étape de la procédure : expertise médicale, obtention des provisions, jusqu’à l’indemnisation définitive…

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